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ALIOUNE TINE: « mes conseils à Sonko et Macky…j’ai peur »

ALIOUNE TINE: « mes conseils à Sonko et Macky…j’ai peur »

Le leader d’Afrikajom Center est fortement préoccupé par la situation politique délétère qui sévit actuellement dans le pays. Dans cet entretien exclusif accordé à Vox Populi, Alioune Tine dit ses peurs, donne des conseils à Ousmane Sonko et Macky Sall, non sans révéler avoir saisi par courrier le Président en exercice de la CEDEAO, le Président Embalo de la Guinée-Bissau, entre autres initiatives qu’il a prises pour trouver des solutions.

Quel commentaire faites- vous de la situation politique délétère qui a commencé à dégénérer avec les violences notées à Mbacké et Touba ?

La situation politique du pays se dégrade rapidement, l’escalade des violences politiques et sociales est gravement préoccupant. Pour qui suit la situation des crises politiques de la sous-région et leurs développements catastrophiques sur l’état de droit, la sécurité et la stabilité de ses pays, doit avoir peur pour le Sénégal. Les Africains ont de plus en plus peur pour le Sénégal et l’expriment. Les passions et la déraison ont pris le pas sur tout. Les mises en gardes et les alertes font l’objet d’attaques systématiques de tous bords d’ailleurs, du fait de la polarisation et la radicalisation des positions. Personne n’est épargné.

Il faut absolument agir pour le retour de la sérénité, du calme, que toutes les parties suspendent les activités de campagne et qu’on aille au dialogue politique. L’absence de dialogue politique risque de compromettre une élection transparente et apaisée en 2024.

On vous accuse d’attiser le feu avec vos déclarations, notamment celle dont vous faites allusion à un risque de guerre civile au Sénégal. Que répondez- vous à vos détracteurs ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’alerte a été entendue et bien entendue, même si les réactions semblent inappropriées avec les critiques qui peuvent être utiles pour nous permettre de mieux nous expliquer. En tant que Think tank, nous travaillons sur les questions de paix, de sécurité, de gouvernance et de démocratie. Et c’est ici qu’on annonçait les menaces de déflagration de la sous-région en 2020 avec les pathologies de la démocratie. Nous travaillons sur ces questions depuis les années 90. On perd de plus en plus la tradition des débats démocratiques dans le respect de l’opinion de l’autre, la culture du buzz et le mauvais usage des réseaux sociaux sont de vrais poisons pour nos démocraties. Force est de constater que les faits tendent malheureusement à nous donner raison. J’ai peur que le Sénégal, avec les acteurs que je vois en mouvement, une jeunesse avec son état d’esprit du moment, avec le rôle qu’elle a joué dans les crises, ajouté à la fracture géo- politique, ne suive la même voie. Les crises qui existent dans ces pays ne sont guère différentes de celles qu’on vit au Sénégal, la différence c’est que ce n’est pas encore de la même ampleur.

On peut encore s’arrêter, se parler et tirer les leçons pendant qu’il est tant et avancer,. Cette capacité à rebondir quand on est dans d’indicibles difficultés, c’est ce que Boris Cyrulnik appelle la résilience. Les crises rendent plus intelligent, si nous savons les transformer en opportunité pour nous reconstruire.

Quel message lancez-vous au régime en place et à Ousmane Sonko et compagnie qui font des menaces ?

Mon conseil à Ousmane Sonko, c’est de s’abstenir de tout discours et d’agissements politiques susceptibles de créer des violences, de l’instabilité et des menaces pour la paix et la sécurité du pays. Notre pays est très vulnérable avec le pétrole et le gaz et une géopolitique régionale et internationale complexe et en pleine crise.

Au Président Macky Sall de n’engager aucun acte de nature à compromettre la candidature d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024. Nous invitons Sonko à suspendre toutes les manifestations politiques pour créer un contexte favorable au dialogue. Le Président Macky Sall doit libérer tous les détenus politiques pour apaiser le climat politique. Le Président doit solennellement appeler tous les acteurs politiques au dialogue afin de créer les conditions d’une élection

présidentielle transparente et apaisée.

Avez-vous pris des initiatives pour juguler cette situation lourde de dangers ?

Face à la dégradation rapide de la situation avec ce qui s’est passé à Mbacké et face aux menaces d’escalade qui peuvent entrainer la perte de

contrôle de la situation ou simplement au chaos, j’ai saisi le Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) par courrier pour lui demander de venir à Dakar pour aider au dialogue. J’ai également interpellé les anciens Présidents, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, pour qu’ils interviennent pour appeler au dialogue, de même que le Président Barro de la Gambie, notre voisin.

Propos recueillis par

Samba Cèb FALL

Vox Populi


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