Foot et ramadan: l’interdiction des pauses en France fait débat
Que ce soit en France, en Angleterre, ou ailleurs en Europe la gestion du ramadan pour les footballeurs de haut niveau suscite le débat.
«Une datte, un verre d’eau, le cauchemar de la FFF»: l’interdiction d’interrompre les matches pour permettre aux joueurs musulmans de rompre le jeûne en France a animé ce week-end un débat qui n’existe pas, ou peu, dans les autres championnats européens.
La banderole du Collectif Ultras Paris, dimanche au Parc des Princes, était cinglante envers la Fédération française de football, dont la position ferme sur le ramadan tranche avec l’attitude plus conciliante des pays voisins.
« L’idée est qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour faire du sport, un temps pour pratiquer sa religion »
Eric Borghini, membre du Comex de la FFF
En Italie et en Espagne, aucune disposition n’est prévue mais le débat n’a pas été ouvert: le Marocain Sofyan Amrabat (Fiorentina) a par exemple profité de l’entrée des soigneurs sur la pelouse pour se nourrir, samedi soir.
En Premier League, l’usage des pauses existe depuis deux ans, sous l’impulsion du Français Wesley Fofana et du Sénégalais Cheikhou Kouyaté, joueurs de Leicester et Crystal Palace à l’époque, qui ont pris le temps de se restaurer en plein match. «Je suis né en France et j’y ai travaillé, mais il y a une grande différence entre la France et l’Angleterre. Les Anglais montrent le bon exemple», a estimé Abdoulaye Doucouré, milieu malien d’Everton, à la BBC.
Outre-Manche, «on sait qu’ils sont plus ouverts que nous sur le sujet et ça l’a toujours été. Ce serait bien que la France le fasse mais ça ne pose de souci à personne qu’ils ne le fassent pas», a commenté vendredi Didier Digard, l’entraîneur de Nice.
Vigilance sur la santé
Chez les Aiglons, où de nombreux joueurs font le ramadan, le seul point de vigilance concerne l’état de forme des joueurs, possiblement affaiblis par la période de jeûne, selon le jeune technicien. «On les accompagne du mieux possible. On a un pôle performance de grande qualité. Ils sont suivis au niveau de l’alimentation et de l’hydratation», a détaillé Digard.
Au FC Rouen, premier de son groupe en National 2 (l’équivalent de la 4e division), dix joueurs sont concernés et le discours est le même. «Les joueurs sont habitués à jeûner depuis de longues années donc ce n’est pas un problème pour eux, raconte l’entraîneur Maxime D’Ornano à l’AFP. De notre côté avec le staff, la seule différence est sur la vigilance à avoir avec les joueurs concernés durant cette période afin de ne pas aller jusqu’à l’épuisement».
A Nantes, les joueurs de confession musulmane sont dispensés des repas en commun et de la deuxième séance d’entraînement, les jours à double séance. «Il y a du soutien, il y a de l’écoute», affirme Antoine Kombouaré. Mais «le jour du match, il ne faut pas jeûner. Il y a beaucoup d’intensité, il faut être prêt. Et ceux qui jeûnent ne sont pas dans le groupe. Je ne veux pas qu’ils se blessent», a dit l’entraîneur nantais pour justifier la non-convocation de Jaouen Hadjam, dimanche face à Reims.
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